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SLF & Amazon

Je viens de recevoir un mail intéressant d’Amazon:

« [...]nous appliquons en permanence la remise maximum autorisée de 5% sur les livres français.
Afin de faciliter la découverte des millions de livres qu’Amazon.fr propose sur son site, la livraison est gratuite en France métropolitaine pour tous les livres, sans minimum d’achats [...] Aujourd’hui, votre droit à la livraison gratuite est menacé. Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon[...]  »

Je suis un fervent d’Amazon; c’est un site qui pousse à la consommation; certes; mais qui facilite l’accès aux livres. Marketing comportemental efficace; je consomme de bon coeur…

Je pense qu’Amazon a une position particulière dans ce conflit. Tout en comprenant la motivation du SLF il me semble clair que leur action peut engendrer un résultat contraire à leurs attentes.

Le déclencheur: les éditeurs et les libraires.

Ils sont convaincus que brider Amazon en augmentant le prix des livres (par le biais des frais de ports) amènera les lecteurs à se rabattre sur des points de vente physiques. Comme souvent, ce qui semble sur le papier être une évidence est à mon avis une erreur d’énoncé.

Deux points sont à prendre en compte:
- les lecteurs qui achètent en ligne et ceux qui se déplacent en librairie sont deux groupes bien distincts. Leur fonctionnement et leur approche divergent. Même si leur souhait final est identique, acheter un livre, leur habitude de consommation de la littérature n’est pas comparable. Dans ce cas comment croire que l’influence d’une augmentation des prix amènera un changement radical dans l’attitude de consommation des gens ?

- comme souligné précédemment, Amazon a une place particulière. Le nombre de livres vendus en ligne est colossal. Ce simple point entraine une inertie dans l’habitude de consommation des internautes. Les prix sont intéressants et la livraison rapide: le livre devient un objet de consommation (par le biais de l’achat impulsif par exemple). Est-ce à considérer comme une dévalorisation du livre en tant que tel ? Je pense que c’est l’inverse; cette facilité d’accès dope les ventes et l’accès à la culture. En adoptant l’attitude conservatrice du SLF le retour de balle ne pourrait-il pas être une diminution substentielle de l’intérêt des internautes pour la littérature en général ?

La souche du problème est bien évidemment un problème lié aux revenus. Le SLF veut par son action baisser les ventes d’Amazon pour rehausser celles des points de vente.
Les points de vente qui vendent en ligne n’ont-ils pas adoptés un compromis plus progressiste ? N’ont-ils pas compris que les deux systèmes de vente se complètent naturellement (pensons à la fnac par exemple) ?

Consultez la réponse du SLF envoyée le 6 décembre. 

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4 Responses to "SLF & Amazon"

  1. Joseph dit :

    bon exemple en effet la FNAC, en fait il n’y a pas assez de synergies entre les points de vente physique et internet.
    Les librairies et Amazon sont des métiers très différents. Les librairies sont locales, humaines, physiques mais il faut avoir le temps de se déplacer (souvent loin) et le fond est très pauvre en regard d’un vendeur en ligne. Il feraient mieux de faire des librairies plus accueillantes et adaptées aux réalités de la vie moderne plutot qu’attaquer la livraison des vendeurs en ligne. Dans quelques années la livraison sera immédiate et gratuite avec le ebook et les libraires ne seront toujours pas comment survivre. Peut être que des chaines de libraires étrangers vont les racheter et faire les transformations qu’ils n’ont pas su faire.

  2. Arthur dit :

    Je comprends pourquoi ils le font mais je pense qu’il est déjà trop tard. Comme d’habitude ils réagissent avec 5 ans de retard, alors que les libraires ferment tous (ou ont fermé) depuis un moment…De toutes façons comme tu dis ce n’est jamais par une augmentation du prix qu’on a réglé les choses…il suffit de prendre l’exemple du CD: un albums sorti depuis plus d’un mois (plus en « nouveauté ») coûte entre 20 et 25 euros, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années.

  3. Guillaume dit :

    Amazon on perdu son procès face à la SLF. Que va-t-il se passer maintenant pour les autres sites de vente en ligne ? Il n’y a pas que des « gros » vendeurs (Fnac ou Alapge), il y a aussi de plus petits acteurs à qui cet avantage concurrentiel sera retiré.
    A l’inverse, si la législation ne peut obliger les petites librairies à vendre sur le Net, la loi du marché le leur imposera tôt au tard.
    Enfin, pour répondre à Arthur, la France étant le pays des « exceptions », on peut imaginer une taxe sur les ventes de livres électroniques ou supports de lecture comme le Kindle (d’Amazon, justement) afin de ralentir la mort certaines des petites librairies… Et le consommateur dans tout ça ?

  4. [...] au mail envoyé par Amazon à ses clients le 24 Novembre le SLF [...]

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